Nutri-Score : qu’est ce que c’est ?

Vous l’avez peut-être remarqué, depuis quelques temps un petit logo est apparu sur certains produits de votre supermarché : le Nutri-Score, un système d’étiquetage nutritionnel. Le but de ce Nutri-Score est d’aider les consommateurs dans leurs choix en leur permettant d’acheter des produits de meilleure qualité nutritionnelle. L’objectif de ce logo est d’améliorer l’information nutritionnelle présente sur les produits alimentaires, car, on ne va pas se mentir, nous sommes tous un peu perdu face aux étiquettes nutritionnelles au dos du paquet !

Nutri-Score, d’où vient-il ?

Inscrit dans le cadre du Programme National Nutrition Santé (PNNS), le logo Nutri-score a été conçu par l’Equipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle de l’Université Paris 13 (EREN), en s’appuyant sur un score nutritionnel créé par la Food Standard Agency (FSA) au Royaume-Uni.

Après des années de débats entre industriels et pouvoirs publiques, le logo a finalement été adopté dans le cadre de la loi de modernisation du système de santé de 2016, afin de fournir à l’avant des packagings alimentaires une information nutritionnelle lisible et compréhensible pour tous les consommateurs. Il a déjà été adopté en France, en Belgique et en Espagne.

En revanche, ce logo n’a pas été imposé par les autorités, il reste facultatif pour les industriels et distributeurs engagés. Aujourd’hui, en France plus d’une centaine d’entreprises se sont engagées à afficher ce logo sur la face avant de leurs produits. Le gouvernement a récemment déclaré qu’il souhaitait rendre le logo obligatoire, affaire à suivre…

Nutri-Score, une information en un coup d’œil

Ce logo est constitué de 5 lettres, de A à E, chacune associées à une couleur allant de vert à rouge. Il a pour but d’informer facilement le consommateur sur la qualité nutritionnelle d’un produit. Plus le produit sera proche de « A » sur l’échelle et plus il sera favorable d’un point de vue nutritionnel. C’est une manière simple et visuelle pour tous les consommateurs de se faire un avis sur la qualité du produit.

Comment est-il calculé ?

Le Nutri-Score se calcule à partir de la composition nutritionnelle pour 100g du produit. Le calcul se fait avec un système de points pour les nutriments à favoriser (fibres, protéines, fruits et légumes) et pour les nutriments à limiter (calories, acides gras saturés, sucres et sel). [1] Le score final de ces deux composantes permettra d’attribuer une lettre et sa couleur au produit. Cette méthode de calcul est adaptée pour certains types de produits alimentaires comme les matières grasses, les boissons et les fromages.

Tous les produits sont-ils concernés ?

Le Nutri-Score concerne tous les aliments transformés et toutes les boissons, excepté les boissons alcoolisées. Il n’est pas adapté pour les produits non transformés tels que les fruits et légumes, les poissons frais, etc. De plus, les produits pour bébés de 0 à 3 ans ne sont pas non plus concernés par ce logo.

Comment bien comprendre et bien utiliser le Nutri-Score ?

L’utilité de ce score est double. Premièrement, il est utilisé pour aider le consommateur dans ses choix alimentaires, en l’aiguillant pour un produit d’une même catégorie alimentaire (ex. choix de céréales pour le petit déjeuner entre plusieurs marques, choix d’un yaourt, d’un plat préparé, etc.). Le consommateur peut également remplacer un produit qui serait mal noté par un produit d’une meilleure qualité nutritionnelle (un plat préparé par un autre par exemple, même s’il ne s’agit pas de la même recette).

Le but n’étant pas de stigmatiser les produits qui seraient classés en D ou E mais de faire prendre conscience aux consommateurs que ces produits sont à consommer avec modération. Ensuite, il ne faut pas oublier que les aliments non transformés ne sont pas concernés par ce logo, ceux-ci sont pourtant indispensables à une alimentation saine et à une bonne santé. N’oublions pas de rappeler qu’une consommation élevée d’aliments ultra-transformés est liée au développement de maladies chroniques. [2]

Deuxièmement, le but est d’encourager la compétition entre industries agro-alimentaires afin de favoriser la reformulation nutritionnelle de certains aliments. Par exemple, si le consommateur cherche un yaourt aux fruits, il sera peut-être plus à même de choisir un produit noté B plutôt qu’un autre noté C car trop riche en sucre, ce qu’il n’aurait pas pu faire aussi simplement s’il avait dû comparer les compositions et teneurs en sucres de tous les produits du rayon !

Le Nutri-Score suffit-il à informer à lui seul le consommateur ?

Au-delà de la composition nutritionnelle, certaines dimensions importantes ne sont pas prises en compte, telles que la présence de pesticides, d’additifs et le degré de transformation des aliments. C’est pourquoi des logos complémentaires pourraient s’ajouter au Nutri-Score. Vous pouvez également apercevoir sur le packaging des produits des mentions du style « Sans colorants », « Sans conservateurs », « Sans résidus de pesticides ».

D’autres indices, comme les classifications NOVA et SIGA, pourraient être complémentaires au Nutri-Score. Les deux indices ci-dessus permettent la classification des aliments selon leur degré de transformation, ce qui permettrait d’informer encore plus le consommateur.

Certaines applications qui permettent de scanner le produit et de lui donner une note prennent en compte les additifs, c’est le cas de l’application Yuka qui déduit 30 % de sa note à la présence d’additifs et modifie celle-ci de 10 % au fait que le produit soit d’origine Biologique ou non.

Le Nutri-Score n’est pas là pour dicter les choix du consommateur mais pour lui faire prendre conscience de la qualité nutritionnelle de certains aliments. La dimension plaisir des aliments est primordiale, il ne s’agit pas de ne manger que des produits classés A mais simplement de prêter un peu plus attention à son alimentation et de modérer certaines consommations !

Références

[1] : Julia C, Hercberg S (2017) Nutri-Score: evidence of the effective-ness of the French front-of-pack nutrition label. Ernahrungs . Umschau 64(12): 181–187

[2] : Anthony Fardet. Prévention des maladies chroniques : pour une classification holistique des aliments selon leur degré de transformation. Nutritions & Endocrinologie, 2017, 15 (83), pp.85-88. ⟨hal-01840981⟩

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