Allaitement : Quelle méthode choisir ?

Savez-vous que le taux de femmes allaitant en France est l’un des plus bas du monde ? 3
mois seulement après la naissance, 70% des mères françaises cessent l’allaitement au sein.
Le biberon prend alors le relais. Pourtant, l’allaitement naturel a prouvé ses bienfaits sur la
santé de l’enfant, mais aussi sur celle des mamans.
Allaiter ou ne pas allaiter, telle est la question ? Cette décision, strictement personnelle, ne
dépend que de vous. Chacune a ses raisons de donner le sein ou de commencer
directement l’allaitement au biberon.

L’allaitement naturel

Prêt à tout moment, économique et écologique, l’allaitement naturel, c’est-à-dire allaiter au
sein, c’est la meilleure option pour votre bébé. La nature est bien faite puisque votre lait
contient tout ce dont votre nouveau-né a besoin pour s’épanouir et grandir correctement. En
effet, sa composition s’adapte à ces besoins spécifiques et se modifie également selon votre
alimentation. Le lait maternel présente environ 200 composants : des protéines non
allergènes, des sucres et des graisses, des enzymes, des acides gras nécessaires pour le
bon développement du cerveau et du système oculaire, des anticorps, des hormones… A
partir de 4 mois, les parents choisissent souvent de diversifier leur enfant. C’est alors
souvent un moment idéal pour celles et ceux qui veulent introduire le lait infantile.

Les bienfaits de l’allaitement naturel

À sa naissance, vous transmettez à votre bébé une partie de votre microbiote, plus connu
sous le nom de flore intestinale. Propre à chaque personne, un peu comme l’ADN, le
microbiote est constitué de milliards de bactéries nécessaires à la santé de votre organisme.
Chez l’adulte, ça peut représenter jusqu’à 2 kg ! Le système immunitaire de votre bébé
apprend ainsi, dès la naissance, à reconnaître quelles sont les bonnes et les mauvaises
bactéries. En allaitant naturellement, vous continuez de transmettre votre microbiote à votre
nourrisson.

De nombreuses études scientifiques ont permis de faire un lien entre la composition du
microbiote et la prédisposition aux maladies du métabolisme et de la digestion comme le
diabète ou les inflammations intestinales chroniques. Le type et le nombre d’espèces
bactériennes présentes dans votre microbiote définissent votre propension à souffrir de ces
maladies. Plus vous allaitez longtemps – jusqu’à 4 mois – et plus votre bébé aura un
microbiote résistant. L’allaitement naturel renforce donc le microbiote et diminue ainsi le
risque de tous types d’infections, de maladies inflammatoires et de risque d’obésité.
Et l’allaitement naturel vous est tout autant bénéfique. Allaiter augmente la dépense
énergétique. Vous puisez alors l’énergie dans les graisses prises pendant la grossesse. Et
vous les perdez alors d’autant plus facilement. Aussi, lorsque vous donnez le sein, vous
sécrétez de l’ocytocine, une hormone naturelle qui vous libère du stress et qui vous rend
plus sereine. Sur le long terme, elle favorise la minéralisation de vos os après
l’accouchement et diminue le risque d’ostéoporose. Enfin, l’allaitement maternel réduit le
risque du cancer du sein, des ovaires et du col de l’utérus.

L’allaitement au biberon, comment choisir ?

Choisir un bon lait pour enfants est une décision capitale. Ce dernier assure le bon
développement cérébral et musculaire du nourrisson.
Au début, votre bébé a deux options : se nourrir de votre sein ou consommer une
préparation pour nourrissons, aussi connu sous le nom de lait premier âge. Ce lait premier
âge est majoritairement constitué de lait de vache transformé, afin d’imiter au maximum le
lait maternel. Spécialement adapté aux besoins nutritionnels du nourrisson, sa teneur en
protéines est réduite : pas plus de 1.8 g pour 100 ml, se rapprochant ainsi de la composition
du lait maternel, qui en compte 1.2 g pour 100 ml. Sa composition lipidique est également
similaire à celle du lait maternel, s’élevant à 3,39 g pour 100 ml. Il convient pour un bébé dès
sa naissance, jusqu’à ses 6 mois maximum (d’où son appellation 1 er âge !). A partir de 4
mois, vous pouvez commencer à diversifier son alimentation peu à peu avec d’autres
produits laitiers (petits suisses, etc.).

Le lait de vache alors autorisé occasionnellement, et en petites quantités. En effet, il n’est
pas adapté en tant que source principale de nourriture pour les nourrissons. Trop riche en
protéines (3,3 g pour 100 ml), il augmente le risque de problèmes rénaux et d’obésité. De
même pour le lait de chèvre, trop pauvre en certains nutriments et trop riche en sels
minéraux, sa consommation peut entraîner elle aussi des problèmes rénaux. À bannir
également : les laits végétaux, comportant de nombreux déficits. Ils peuvent causer des
complications respiratoires et de graves infections. La loi interdit d'ailleurs de remplacer le
lait maternel par du lait végétal.

Vous êtes convaincues des bienfaits de l’allaitement ? ou au contraire vous songez peut-
être à passer au lait infantile ? Notre laboratoire mène actuellement une étude scientifique
sur le lait infantile et l’alimentation des nouveaux nés. Vous pouvez y participer et faire
avancer la recherche scientifique. Ça ne changera en rien le régime de votre nouveau-né, et
vous serez tout de même indemnisée.