Aliments Transformés : quel impact sur notre santé ? 

La consommation accrue d’Aliments Ultra-Transformés (AUT) ainsi que la croissance des maladies chroniques (diabète, obésité, maladies cardiovasculaires) dans le monde sont de plus en plus mis en relation. De plus en plus d’études semblent montrer un impact négatif d’une consommation élevée en AUT sur notre santé. Les AUT ont été définis dans notre précédent article (LIEN), aujourd’hui nous vous exposons les risques potentiels d’une consommation excessive d’AUT.

Une consommation d’aliments transformés importante qui inquiète

Ces dernières décennies, la consommation mondiale d’AUT a considérablement augmentée. Elle est devenue dominante aussi bien dans les pays développés que dans ceux en développement. (1, 2, 3)

Les français n’échappent pas à ce phénomène. D’après l’ANSES les AUT sont de plus en plus présents dans nos assiettes. (4) En effet, une cohorte française, NutriNet-Santé, qui étudie l’impact de l’alimentation sur la santé a établi que les AUT représentaient environ 35,9% de l’apport énergétique total des français.

Le fait que ces derniers soient peu coûteux, mais également simple à cuisiner justifie cette consommation élevée d’AUT. En effet, ils sont vendus de sorte que le consommateur est le moins d’effort à faire. Ainsi, les AUT sont généralement des plats industriels prêts réchauffer ou rapide à préparer. Leur composition permet également d’allonger leur durée de vie. Cela est dû notamment aux conservateurs et additifs ajoutés par les industriels.

En parallèle de l’industrialisation de notre alimentation, on voit également l’augmentation des maladies chroniques. Les chercheurs se penchent donc sur la question d’une cause à effet en étudiant le mode de vie et les habitudes alimentaires des populations. Ainsi, l’ultra-transformation de notre alimentation semble jouer un rôle néfaste sur notre santé.


Un impact négatif sur notre santé de plus en plus démontré

La communauté scientifique a déjà bien établi que les AUT sont une source majeure de sucres ajoutés, de graisses saturées ainsi que de sel. En revanche, on note qu’ils sont pauvres en fibres. (5, 6)

Obésité et AUT

L’obésité étant un fléau mondial ces dernières années (cf article) la transition de nos habitudes alimentaires semble y être liée. Plusieurs études ont mis en évidence ce lien. C’est le cas de la cohorte espagnole SUN, impliquant plus de 8000 participants, qui a établi un lien causal entre consommation d’AUT et obésité. (7) Un récent essai clinique a impliqué une vingtaine de patients afin de comparer un régime avec et sans aliments ultra-transformés. Les résultats montrent que le régime avec des aliments Ultra-Transformés est lié à une prise de poids mais aussi à un excès d’apport calorique. (8)

Des données récentes sur le risque de maladies cardiovasculaires

Une récente étude observationnelle met également en avant une corrélation entre consommation d’AUT et le risque augmenté de maladies cardiovasculaires (MCV) (9). De ce fait, les chercheurs ont établi cette relation grâce aux données de la cohorte NutriNet-Santé. Elle fait lien avec la relation possible entre obésité et AUT. En effet, l’obésité est l’un des facteurs de risque majeur pour le développement de MCV. De plus, l’ingestion élevée de sel, de graisses saturées et de sucres va également dans le sens de ces dernières recherches.

L’obésité et les maladies cardiovasculaires sont deux exemples d’effets délétères que pourraient engendrer une grande consommation d’AUT au quotidien. Cependant de nombreuses études portent également sur l’immunité, le déséquilibre du microbiote, le diabète, la maladie cœliaque chez l’enfant…

Pour résumer, la cohorte espagnol SUN a permis de mettre en avant le fait qu’une consommation excessive d’AUT était associée à un risque plus élevé de mortalité toutes causes confondues. (10)

Ainsi, malgré le fait que la plupart des études soient observationnelles, il semble clair que la consommation excessive d’AUT est délétère pour notre santé. Aujourd’hui, il est donc conseillé de réduire au maximum leur consommation

Comment éviter les aliments transformés ?

Les AUT ne sont pas à bannir définitivement de notre alimentation. Il faut faire preuve de parcimonie et les consommer de façon occasionnelle. Dorénavant, les autorités de santé publique recommandent d’en limiter leurs consommation. 

En France on retrouve ce type de recommandation au sein du Programme National Nutrition Santé (PNNS). Ce programme à pour objectif de réduire de 20% la consommation d’AUT d’ici 2022. Un bon moyen pour les éviter est de manger plus de produits pas ou peu transformés, c’est-à-dire d’augmenter votre consommation de fruits et légumes frais. Pour cela, il est préconisé d’utiliser des produits moins transformés, locaux et de saison. Mais, également de privilégier le « fait maison » ce qui vous permettra de limiter la présence de ces AUT dans votre assiette !

Si vous aussi vous souhaitez faire avancer la recherche, n’hésitez pas à vous inscrire en suivant ce lien pour participer à l’une de nos études cliniques ! Il vous suffit de cliquer sur la photo ci-dessous :

Références : 

1 : Monteiro, C. A., J.-C. Moubarac, G. Cannon, S. W. Ng, et B. Popkin. « Ultra-Processed Products Are Becoming Dominant in the Global Food System ». Obesity Reviews: An Official Journal of the International Association for the Study of Obesity 14 Suppl 2 (novembre 2013): 21‑28.

2 : Moodie, Rob, David Stuckler, Carlos Monteiro, Nick Sheron, Bruce Neal, Thaksaphon Thamarangsi, Paul Lincoln, Sally Casswell, et Lancet NCD Action Group. « Profits and Pandemics: Prevention of Harmful Effects of Tobacco, Alcohol, and Ultra-Processed Food and Drink Industries ». Lancet (London, England) 381, nᵒ 9867 (23 février 2013): 670‑79.

3 : Moubarac, Jean-Claude, Malek Batal, Ana Paula Bortoletto Martins, Rafael Claro, Renata Bertazzi Levy, Geoffrey Cannon, et Carlos Monteiro. « Processed and Ultra-Processed Food Products: Consumption Trends in Canada from 1938 to 2011 ». Canadian Journal of Dietetic Practice and Research: A Publication of Dietitians of Canada = Revue Canadienne De La Pratique Et De La Recherche En Dietetique: Une Publication Des Dietetistes Du Canada 75, nᵒ 1 (2014): 15‑21.

4: ANSES (French Agency for Food, Environmental and Occupational Health & Safety). Étude individuelle nationale des consommations alimentaires 3 (INCA 3). 2017.

5 : Cediel, Gustavo, Marcela Reyes, Maria Laura da Costa Louzada, Euridice Martinez Steele, Carlos A. Monteiro, Camila Corvalán, et Ricardo Uauy. « Ultra-Processed Foods and Added Sugars in the Chilean Diet (2010) ». Public Health Nutrition 21, nᵒ 1 (janvier 2018): 125‑33.

6 : Poti, Jennifer M., Michelle A. Mendez, Shu Wen Ng, et Barry M. Popkin. « Is the Degree of Food Processing and Convenience Linked with the Nutritional Quality of Foods Purchased by US Households? » The American Journal of Clinical Nutrition 101, nᵒ 6 (juin 2015): 1251‑62.

7 : Mendonça, Raquel de Deus, Adriano Marçal Pimenta, Alfredo Gea, Carmen de la Fuente-Arrillaga, Miguel Angel Martinez-Gonzalez, Aline Cristine Souza Lopes, et Maira Bes-Rastrollo. « Ultraprocessed Food Consumption and Risk of Overweight and Obesity: The University of Navarra Follow-Up (SUN) Cohort Study ». The American Journal of Clinical Nutrition 104, nᵒ 5 (2016): 1433‑40.

8 : Hall, Kevin D., Alexis Ayuketah, Robert Brychta, Hongyi Cai, Thomas Cassimatis, Kong Y. Chen, Stephanie T. Chung, et al. « Ultra-Processed Diets Cause Excess Calorie Intake and Weight Gain: An Inpatient Randomized Controlled Trial of Ad Libitum Food Intake ». Cell Metabolism 30, nᵒ 1 (2 juillet 2019): 67‑77.e3.

9 : Srour, Bernard, Léopold K. Fezeu, Emmanuelle Kesse-Guyot, Benjamin Allès, Caroline Méjean, Roland M. Andrianasolo, Eloi Chazelas, et al. « Ultra-Processed Food Intake and Risk of Cardiovascular Disease: Prospective Cohort Study (NutriNet-Santé) ». BMJ (Clinical Research Ed.) 365 (29 2019): l1451.

10 : Rico-Campà, Anaïs, Miguel A. Martínez-González, Ismael Alvarez-Alvarez, Raquel de Deus Mendonça, Carmen de la Fuente-Arrillaga, Clara Gómez-Donoso, et Maira Bes-Rastrollo. « Association between Consumption of Ultra-Processed Foods and All Cause Mortality: SUN Prospective Cohort Study ». BMJ (Clinical Research Ed.) 365 (29 2019): l1949.